Société
des Ardoisières
de l'anjou

 

Souvenirs d'un ingénieur du fond


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Un pic moyen

Un pic moyen

L’issue de secours

Le puits 7 desservait l’exploitation en cours. Le puits 6 desservait des « vieux travaux » abandonnés. Une galerie permettait la jonction entre ces deux zones, elle servait d’issue de secours, au cas où, pour une raison ou une autre, le puits 7 ne serait plus utilisable. Elle était située aux niveaux supérieurs. Soit dit en passant, les niveaux inférieurs n’avaient pas encore d’issue de secours.

Une fois par an, de mémoire, une visite de la galerie et du passage dans les vieux travaux était effectuée, en vérification de l’état de la dite galerie, ainsi que du puits 6. Nouvellement arrivé, j’ai effectué la visite de la galerie avec le chef-clerc. 

Les vieux travaux sont complètement déséquipés, et la galerie de jonction ne l’a jamais été. Les parois et les voutes sont donc « noirs » et il n’y a pas d’éclairage. Il est donc impératif de s’éclairer avec la lampe de casque.

Pour ma culture à un moment, nous nous sommes arrêtés et nous avons éteint nos lampes. L’obscurité est alors totale. Vraiment totale. On ne voit rien. Pour avancer, il faut suivre la paroi de la galerie avec la main. De plus, il n’y a aucun bruit, si on est assez loin des chantiers en cours. On entend sa respiration. C’est vraiment impressionnant, sinon oppressant.

En marchant, il m’arrivait régulièrement d’éclairer la voute, à environ 2m50 de haut, dans la galerie. Moïse m’avait expliqué :
Quand on est nouveau, ça, c’était pour moi, on regarde la voute.

Quand on a de l’expérience, on éclaire le sol car, quand la voute « travaille », il tombe des tout petits débris, il « miette ». Si on voit ces tout petits débris, d’apparence récente, on s’arrête, et là, on examine la voute en détail.

Quand on a beaucoup d’expérience, on regarde devant soi sans s’occuper de la voute car ça ne tombe jamais. Enfin, presque jamais. Et si ça tombe, ma foi, on n’y peut rien. C’est que c’était le jour.

A une occasion, je décide de faire un tour dans l’issue de secours, pour voir, seul, sans « déranger » quelqu’un, et je reviens ensuite sur l’exploitation sans problème.

A la fin du poste, le chef-clerc fait le point avec moi sur les résultats de la journée. Il me précise, à propos, que j’aurais été faire un tour seul, dans les vieux travaux. Je suis un peu épaté qu’il le sache, mais un ouvrier m’aurait vu s’engager dans cette direction. Au fond, tout se sait.

Il me rappelle qu’on ne va jamais seul, et en particulier dans les vieux  travaux, question de principe. J’aurais du me faire accompagner par un clerc, ou un visiteur. Il rajoute que, si je veux quand même y aller seul, pas de problème, c’est moi le patron. Par contre, s’il vous plait, prévenez quelqu’un, qu’on sache où aller chercher, en cas de problème, de panne de lampe, tout simplement et par exemple. Euh, ok Moïse.

Effectivement, la question des pannes de lampe n’est pas à écarter.

La suite arrive prochainement;

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