Société
des Ardoisières
de l'anjou

 

Souvenirs d'un ingénieur du fond


Société
des Ardoisières
de l'anjou

 

 

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temoins en chambre à baisser

Témoins, dans une chambre à baisser


Risques et témoins

Certains risques étaient dus à ce que le travail portait sur des tonnes. C’était un peu les mêmes risques que dans les chantiers de travaux publics.

Il y avait régulièrement des « blessés », par coupure aux mains, blessures aux pieds malgré les bottes de sécurité, sous un morceau.

Certains ouvriers étaient abonnés aux douleurs dans le dos, ils étaient « lombaires ». A l’occasion d’un entretien avec le médecin du travail, alors que je m’étonnais de la fréquence de ces problèmes, il m’avait indiqué qu’à son avis, les ouvriers venaient travailler autrefois à pied ou en vélo. Ils avaient un échauffement, alors qu’à présent, ils venaient en voiture et attaquaient le travail directement, à froid.

Enfin, il y avait des risques spécifiques dus au travail souterrain. J’ai souvenir d’un décalabreur qui travaillait le long d’une paroi. Il était tombé « à bout de longe ». Suite à un balancement, il avait alors frappé la paroi et s’était cassé le genou. Un moindre mal, compte tenu de la chute évitée mais un accident assez grave tout de même.

J’évoquerai à suivre, les risques dus à la voute et à la silicose.

Les témoins.

Pour suivre un éventuel mouvement sur un défaut, il était posé un « témoin ». Avec un pinceau, il était déposé de la chaux vive sur les fissures qui méritaient un suivi.

Si le rocher bougeait, le témoin « cassait », il y avait un petit trait noir sur la chaux blanche, et ça se voyait bien. . Un témoin qui bougeait, méritait une opération de contrôle immédiate.

C’est pour cela que sur toutes les voutes et parois, il y a de petites tâches blanches.

S’il y avait un « remplissage » de pierre broyée dans une fissure, un témoin ne tiendrait pas et n’aurait aucun intérêt. Dans ce cas là, les visiteurs posaient un  « suif ». Il s’agissait d’un petit bâtonnet de suif animal, fondu aux deux extrémités par un petit camping gaz, et collé de chaque coté de la fissure.

Une fois refroidi, il devenait « fragile », et s’il y avait un mouvement, il « fissurait ». C’est à dire qu’il apparaissait un trait blanc dans le suif translucide.

De mémoire, il n’était pas posé beaucoup de suifs. Les visiteurs se promenaient avec leur petit camping gaz à la ceinture, et leur sac de suifs.

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