Société
des Ardoisières
de l'anjou

 

Souvenirs d'un ingénieur du fond


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des fonceurs sur des ponts

Des ouvriers qui posent pour la photo.


Les fonceurs

Il y avait tout une partie du travail qui consistait à creuser dans le massif, une galerie, par exemple.

Quand un banc était terminé dans une chambre « à rabattre », il fallait creuser vers le haut une « foncée », un premier vide pour faire ensuite tomber une première partie du nouveau banc. Après chaque tir, les remblais étaient laissés sur place.

Le creusement d’une nouvelle galerie, de recherche ou de travers-banc, était réalisé par une équipe de deux « fonceurs ». Il s’agissait d’un « mineur », ouvrier confirmé et d’un « parageau » ou d’un « deuxième ». Ce dernier terme n’était pas forcément flatteur.

Compte tenu de la place disponible, une grande partie du travail se réalisait seul. La règle était qu’un ouvrier ne restait jamais seul, surtout dans ce type de chantier. L’idée en était que si l’un se blessait, l’autre pourrait intervenir et/ou aller chercher de l’aide.

Des « trous de mine » de 2m de long étaient creusés dans le massif, suivant des techniques bien précises, en « bouchon » ou en « cône ». Ces forages étaient remplis de dynamite. En fin de poste, il y avait un tir. Le lendemain, le remblai nouvellement créé était chargé avec une « pelleteuse » dans des berlines sur rail, tout en « nettoyant » au fur et à mesure la nouvelle voute. Ensuite la « voie », des rails de 12 kg/m, était rallongée, ainsi que la gaine d’aérage et l’opération recommençait.

Le « bourrage » d’un trou de mine consistait d’abord à pousser une par une des cartouches de dynamite avec un « pousseur » en bois. Je ne suis pas sûr du terme. Dans la dernière cartouche, le « mineur » enfilait un détonateur « à micro-retard ». Ces retards, décalés, permettaient une meilleure fragmentation du rocher. Les détonateurs étaient reliés ensemble, et un « fil à mine » était déroulé jusqu’au poste de tir.

Pour éviter la « poussière », il était pulvérisé de l’eau au forage et au pelletage. Ce travail, en fond de galerie, se faisait donc  à l’étroit, dans le bruit des « marteaux »  perforateurs, dans le brouillard et dans la boue. Les conditions de travail n’étaient pas des meilleures.

Par contre, entre les passages du clerc du quartier, l’équipe gérait son organisation elle-même le reste du temps. « Travailler sans chef sur le dos », c’était apprécié.

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