Société
des Ardoisières
de l'anjou

 

Souvenirs d'un ingénieur du fond


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vue d'une chambre à baisser

vue d'une chambre à baisser

En guise de conclusion

Quand il m’arrive de parler de mon expérience minière, je suis intarissable. Il est vrai que cette activité est vraiment originale et que peu de personnes ont pu visiter une exploitation souterraine en activité.

A une occasion, j’ai contesté la légende d’une photo d’exposition quand à la profondeur du puits de la Grand Maison. On m’a alors dit qu’il fallait que j’écrive mes souvenirs, qu’après moi et ceux de mon âge, il n’y aurait plus personne pour en parler.

Je ne croyais pas me souvenir de grand-chose, mais j’ai commencé à écrire, pas trop convaincu. Au fur et à mesure de mon écriture, les souvenirs sont revenus, parfois en pleine nuit.

J’ai visité plusieurs fois la « Mine Bleue », sur le site de la Gâtelière à proximité de Misengrain. A chaque fois, j’ai retrouvé tout un ensemble de sensations, l’odeur du fond, la luminosité, les volumes : J’étais « chez moi ».

La difficulté que j’ai rencontrée est que j’évoque des évènements 45 à 50 ans après, et que moi-même, je ne suis plus trop jeune. Quoique, en âge « ressenti »…

J’ai donc des images, des rencontres, des chiffres, des souvenirs qui me paraissent incertains, incomplets, sinon reconstruits après tout ce temps. J’ai essayé de rester objectif, centré sur ce dont j’étais sûr.

Sinon, listés en vrac, j’aurais pu évoquer

  • Le train d’échelle de 70 m dans une chambre des mines de fer de Noyant la Gravoyère
  • Le « coup de toit » derrière le « front de taille » d’une mine de charbon,
  • L’échange avec deux fonceurs, dans le brouillard et avec la lampe de casque, au bout d’une galerie de recherche, sur l’intérêt d’un tir « en bouchon »
  • Les « réfectoires », le seul endroit où les ouvriers du fond pouvaient enlever leur casque,
  • Les « poudrières », où étaient stockés au fond les explosifs,
  • Les latrines, installées dans un creux de galerie, derrières un rideau, installations minimales.
  • Les deux ouvriers que j’avais rencontrés, qui râlaient en portant le récipient qui contenait les matières des dites latrines, pour les vider,
  • Le « feuilletis » rencontré dans l’ouverture de la chambre 23 bis,
  • La «  foncée » réalisée « dans le long » dans cette chambre, alors que normalement, elle l’est « sur le plat »,
  • La chambre 30 que j’avais arrêtée pour cause de sécurité, les chambres 41, 42, 52 et 53, dont j’ai tout oublié, sauf le numéro,
  • Le « torsin » rencontré dans la recherche à l’étage -530, à Grand Maison,
  • La réunion à 23 h, de tout le personnel du deuxième poste, au jour sur le puits, afin d’avoir 4 « volontaires » pour changer de poste,
  • Les visites du fond, quasiment tous les lundis matin, pour des invités envoyés par « la direction », des clients invités par « le commercial », le service des Mines, le médecin du travail qui était assez catastrophé par nos conditions de travail, et j’en oublie,
  • Les fois où je m’étais forgé une réputation, à l’occasion du branchement d’une « transmission électrique », après recâblage d’un moteur, ou de la fixation d’un treuil qui « s’en allait »
  • La fois où un clerc m’avait expliqué comment ils fixaient les poulies en voute, en employant du fil de mine et un tuyau d’ai comprimé, je n’en revenais pas,
  • Les relations avec «  le jour » et « l’ATMC »,

J’aurais pu. Si parmi mes lecteurs, il y a un ancien de Misengrain qui puisse confirmer ou corriger certains de mes textes, ou simplement évoquer le bon vieux temps, je serai heureux de le rencontrer.

Je remarque au passage, que la meilleure IA, intelligence artificielle, ne pourra pas remplacer une exploitation minière.

Ces pages pont été rédigées sans sutilisation de l'IA, ainsi que les phtos éditées.

Quoi qu’il en soit, ces quelques années au fond de Misengrain, ont été la meilleure partie de ma carrière professionnelle.

Je serai heureux si j’ai pu vous faire un peu découvrir ce monde étonnant, qui n’existe plus dans notre pays.

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